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lundi 9 novembre 2015

À propos de l'ouverture du don du sang aux homosexuels

Ces derniers jours, la nouvelle à semblé faire l’effet d’une bombe : les homosexuels vont pouvoir donner leur sang et leur plasma sous certaines conditions. Si vous suivez attentivement ce blog, vous n’êtes pas sans savoir que je suis concerné par cette nouvelle possibilité offerte aux citoyens. 

Pour rappel : à partir de janvier 2016, le don du sang sera ouvert aux hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes, à partir du moment où le dernier rapport sexuel date de plus de 12 mois (un an). La ministre de la santé souhaite qu’en 2017 cette condition soit levée pour permettre le don à toutes les personnes respectant les critères permettant le don, sans condition de préférences sexuelles. 

Quelle est la situation actuellement ? 

La question de l’homosexualité lors du don concerne uniquement les hommes. Les hommes ayant eu des relations sexuelles entre hommes sont à l’heure actuelle exclus de manière permanente du don du sang.

La question est cachée dans la dernière partie du formulaire, dans les “point à aborder avec le medecin”. On pourrait donc penser qu’il s’agit juste d’une information permettant d’évaluer au médecin un risque cumulé, mais en pratique une réponse par l’affirmative à la question entraîne une interdiction définitive de don.

Pas hypocrite, juste inadaptée

Contrairement aux associations LGBT qui se sont exprimées sur ce point, je ne pense pas qu’il s’agisse d’hypocrisie de la part du gouvernement, mais je ne pense pas non plus que la mesure soit réellement une ouverture du don aux homosexuels.

Cette mesure est plutôt taillée pour les bisexuels : auparavant, les bisexuels tombaient dans la catégorie des “hommes ayant eu des relations sexuelles entre hommes”, et sous le coup d’une interdiction définitive de don. Avec cette nouvelle mesure, les hommes bisexuels n’ayant pas eu de rapport sexuel avec un homme durant les 12 derniers mois seront autorisés à donner leur sang.

En pratique, inapplicable

Pas d’espoir donc pour une ouverture du don du sang aux homosexuels pour l’instant : demander une abstinence totale de 12 mois aux personnes exclusivement homosexuelles est tout simplement risible.

Imaginez-vous être en couple avec une femme et devoir lui refuser tout rapport pendant un an ? Imaginez-vous être célibataire et devoir hypothéquer votre vie sentimentale pour pouvoir donner votre sang ?

Je ne comprends pas pourquoi une relation stable et monogramme est un pré-requis suffisant pour les hétérosexuels, mais pas pour les homosexuels. Faut-il en conclure que ce genre de relation n’existe pas ou qu’elle est trop marginale pour valoir le risque ?

Pas d’études fiables

Peut être que les études nous indiquent réellement une prévalence du VIH plus élevée chez les homosexuels ? Peut-être que la multiplication des partenaires chez les homosexuels est une réalité sociologique inréfutable qui justifierai une telle interdiction aveugle ?

Pour commencer, arrêtez de faire vos études sérologiques dans les bars gays et les backrooms du marais à Paris. Non, tous les homos n’habitent pas à Paris. Non, ils ne fréquentent pas tous les lieux de drague. Non ils ne sont pas toujours des polyamoureux compulsifs. Et non, les gens qui fréquentent les backrooms ne sont pas des donneurs potentiels : quand on sait qu’on a une pratique à risque, on ne prend pas le risque de donner son sang, le questionnaire est déjà étudié pour identifier ces comportements (changement de partenaire, multiplication des rencontres, relations tarifées, prise de drogues récréatives, etc).

Homo = VIH / hépatite ?

D’une part, c’est vrai que les homosexuels représentent une grande partie des malades actuels atteints par le VIH.

Mais d’un autre côté, se sachant population à risque, les homos ont maintenant plus tendance à se protéger, se font dépister plus souvent, et au final ont un taux de nouvelles contaminations bien inférieur à celui des hétérosexuels. Sur une population prise au hasard, il y a donc beaucoup moins de chance d’avoir un homo qu’un hétéro dans la fenêtre sérologique où le VIH est présent mais indétectable !

Pourquoi y a-t-il beaucoup d’homos parmi les malades ? Parce que justement, les malades ne meurent plus. Il y a actuellement des personnes séropositives qui vivent une existence “presque” normale, et qui pèsent donc dans les statistiques, sans pour autant être donneurs potentiels. La seule vraie statistique à prendre en compte, c’est donc le nombre de nouvelles contaminations par an, car ces personnes là sont des donneurs potentiels.

Des craintes infondées

Vous pensez que les homos vont se jeter sur le don du sang pour avoir un dépistage gratuit ?

Pousser la porte d’un CDAG pour obtenir un dépistage est beaucoup plus simple, rapide, et anonyme qu’un don de sang. La question est posée aux donneurs dans le formulaire : “pensez-vous avoir besoin d’un test de dépistage”, et les documents d’information pré-don mentionnent explicitement que le don ne sert pas à avoir un dépistage “gratuit”, au risque de mettre en danger le receveur.

Une justification qui n’a pas de sens

La ministre de la santé voudrait nous faire croire que c’est justement cette période de test d’un an qui va permettre de vérifier que ces “nouveaux” donneurs ont une prévalence identique à celle des hétérosexuels. Mais les homosexuels vont ils vraiment emboîter le pas ? Attendront ils 12 mois ?  Quelle est la chance pour laquelle un homosexuel abstinent se manifeste d’un coup pour don et son sang ? Et ceux qui se sont fait exclure jadis, reviendront ils donner avec enthousiasme ?

Quid des homos qui sont déjà donneurs et qui mentent actuellement au questionnaire ? Doivent ils se “outer” à leur prochain don ? Ou alors changer de mensonge et mentir sur leur abstinence ?

Comme toujours, nous allons donc attendre jusqu’en 2017, et voir si les promesses sont tenues.

Pendant ce temps, en Suède, au Portugal, ou en Finlande, les homosexuels donnent leur sang, et les malades ne s’en portent pas plus mal.

Sources

jeudi 4 juin 2015

Comment réussir une rencontre en ligne

English version

Aujourd’hui, un article qui contraste avec mes publications techniques du type “les-gens-normaux-s’en-tapent-complètement”.

Je vais vous parler de ma propre expérience dans les rencontres en ligne. Utilisés convenablement, les sites et aplications de rencontre peuvent vous amener à découvrir votre perle rare … ou vous plonger dans un océan de frustrations et de déceptions. D’accord, je sais que c’est un thème éculé. Tant pis.

En fait, tout a commencé quand j’ai regardé cette vidéo : Comment j’ai piraté les rencontres en ligne . C’était clair pour moi que l’approche par les données n’était pas le Graal qui me mènerait vers le compagnon parfait, mais que cela valait le coup d’essayer, puisque je venais de me faire plaquer. Et comme cela fait maintenant un an depuis le début de mes expérimentations, voici mes quelques conclusions et conseils de bon usage, à destination de ceux qui recherchent encore une relation sérieuse (oui ça existe).

Note : cet article est évidemment orienté, puisque mon expérience est exclusivement celle des rencontres gay (hé, c’est mon blog, c’est forcément des trucs de tapettes ;) ), mais ces quelques conseils devraient pour la plupart s’appliquer à n’importe quel homme/femme/garçon/fille/ado/poney qui commence son entrée dans le monde impitoyable des rencontres sur internet.

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lundi 1 juin 2015

How to succeed in online dating

Version française

Today a blog post contrasting with the habitual common-people-dont-give-a-fuck technical articles.

I will relate my own experiences and talk about how online dating, if well taken, can be the way you finally found the Chosen One … or a neverending nightmare of frustrations and disapointment. Okay, it’s a so-worn theme that I wouldn’t have written it.

Actually, everything began when i watched this video : How I hacked online dating . It was clear for me that data analysis is not the Graal to the Perfect Boyfriend, but that it may be worth the try, as my ex-boyfriend recently broke up. And because now it has been one year since the beginning of my experiments, here are my few conclusions about online dating in the context of looking for a long-term relationship.

Note : this article is obviously gay-oriented (hey, it’s my blog so it has to be sissy-stuff), but it should apply to any male/female/boy/girl/teenager/poney starting with online dating.

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dimanche 9 février 2014

Comprendre la « théorie du genre » en 5 points


By Kenji-Baptiste OIKAWA (Own work) [GFDL or CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0], via Wikimedia Commons

La « théorie du genre » est au cœur du débat public depuis quelques temps. Au point qu’il y a quelques jours, la loi famille a été avortée (c’est le cas de le dire !) sous la pression des mouvements réactionnaires.

Chaque fois que j’entends parler de la théorie du genre à la télévision, je n’arrive pas à comprendre pourquoi personne ne se lève pour dire « non, attendez, on va vous expliquer ». Comme toujours, on parle de choses que l’on ne connaît pas, et les personnalités politiques sont toujours d’accord avec celui qui crie le plus fort.

Donc puisque vous êtes arrivé jusqu’ici, restez un peu, je vais vous expliquer.

En fin d’article, vous trouverez quelques liens détaillant des opinions opposées, pour vous aider à construire votre propre opinion.

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dimanche 24 novembre 2013

Gérer le turnover dans les structures associatives

Au départ, je voulais faire un billet sur le blog des développeurs du BDE Saint Jérôme parlant de la motivation. Et puis, je me suis dit que c’était un peu hors contexte, puisque je ne participe que d’assez loin ce qu’il se passe là bas.

Et puis je me suis dit aussi que la motivation c’était un problème finalement assez général, qu’au fond la motivation n’était pas un problème mais un moyen.

Le problème dans les associations, finalement, c’est le turnover.

Introduction

Le turnover, c’est ce que l’on appelle aussi la « passation » : de nouvelles personnes arrivent, et remplacent les personnes qui partent. Il peut y avoir un délai durant lequel les personnes qui ne sont pas encore parties forment les nouvelles venues, il peut y avoir des « piliers de comptoir » qui s’assurent de la cohérence  des rotations, mais globalement, les associations sont toutes confrontées à un moment de leur vie au départ d’un membre qui « emporte le savoir » avec lui.

Quelles sont les solutions ? Peut-on éviter que les gens partent ? Comment s’assurer que les nouveaux arrivants continuent de participer à l’enrichissement (non financier) de l’association, tout en conservant son esprit d’origine ?

Voici quelques pistes.

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