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dimanche 1 novembre 2015

Remarques et opinions à propos du patriotisme économique en informatique

Le patriotisme économique c’est le fait de préférer faire travailler une entreprise nationale, quitte à payer un peu plus, plutôt qu’une entreprise étrangère moins chère.

Cela se justifie en termes politiques : contribuer à l’économie de son pays ; mais aussi en termes économiques : le prestataire national comprend certainement mieux votre besoin qu’une entreprise du bout du monde, et les échanges sont donc facilités. De plus, vous aurez beaucoup plus de facilités à rencontrer votre prestataire (si ça se passe bien), ou à l’assigner en justice (si ça se passe mal) s’il opère sur le même territoire que vous.

Mais où est la limite ? Est-ce que votre prestataire peut sous-traiter à une entreprise étrangère sans trahir votre confiance ? Comment le mode de sous-traitance choisi impacte le projet ? Et surtout, dans le contexte du service en informatique, quelles sont les implications politiques et juridiques vis à vis de l’emplacement de stockage et de traitement des données ?

De nombreux exemples de sous-traitance abusive ont déjà fait polémique [1] [2] [3], mais remettons les choses à plat.

Note : ce billet est une opinion personnelle concernant un sujet auquel j’ai été confronté en tant que prestataire, il ne reflète que ma propre opinion.

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mardi 9 juin 2015

Ces touristes qui nous emmerdent pendant l'été

Aujourd’hui un billet d’humeur sur ce que vous êtes peut être : un touriste en vacances dans les basses-alpes.

Ça ressemble aux sept plaies d’égypte. Nous avons le tour de France qui a répandu ses tonnes de poubelles publicitaires dans nos belles campagnes, nous avons nos routes customisées avec les couleurs bariolée des citadins attirés par la Beauté du Sport TM, nous avons les caravanes conduites par des mères de famille habituées aux twingo électrique qui roulent à 5 kilomètres par heure (et en pein milieu) sur nos petites routes de campagne, nous avons les cyclistes du dimanche qui roulent en peloton large et décomplexé à partir de début avril jusqu’à mi octobre, et nous avons les touristes citadins qui viennent “prendre l’air” à la campagne pour les vacances.

On vous a vendu un séjour pour quatre personnes dans le Luberon, dans une charmante maison avec piscine, nature, lavandes, et soleil. Et puis vous vous dites « Tiens, si nous profitions de la chamante balade suggérée par le propriétaire débonnaire du camping ? ». Sauf que si vous “sortez des sentiers battus”, vous vous apprêtez à devenir un emmerdeur, la septième plaie d’égypte.

Les gens des villes, lorsqu’ils arrivent à la campagne, n’arrivent pas à faire la différence entre l’espace public et l’espace privé. En ville, tout l’espace de la rue est public, à partir du moment où il n’y a pas un portail ou une maison entre vous, vous pouvez passer, la rue appartient à tout le monde. À la campagne, tout est différent. Pas ou peu de barrières, des chemins privés qui s’ouvrent à vous sur la promesse de champignons, des arbres centenaires au bord de charmantes clairières. Sauf que ce sont des chemins privés.

La balade suggérée par votre gentil organisateur (qui ne vous accompagnera pas) est sans doute séduisante, mais elle va probablement vous emmener chez quelqu’un. Ce n’est peut être pas très grave, vous pouvez vous balader sur les chemins, prendre des angles de vue originaux pour vos photos de lavandes, vous pouvez pique-niquer tout en ramassant vos détritus, ça dérange qui ? Ça dérange que tout le monde n’a pas votre délicatesse.

  • Si vous enjambez une clôture, peut être que les vaches qui sont dans le parc ne verront pas d’un bon oeil cette intrusion dans leur espace. Et s’il y a un taureau mal luné, il se peut qu’il vous charge.

  • Si vous couchez des piquets de clôture lors de votre folle aventure sauvage, la nuit suivante des sangliers viendront détruire en une nuit le travail de toute une année.

  • Si vous ramassez des champignons ou des fruits, sur un arbre que vous pensez “libre”, vous êtes coupable de vol car cet arbre est peut être entretenu, soigné, et taillé aux frais du propriétaire.

  • Si vous cueillez du triticale, du tournesol, de la lavande, ou du colza, vous vous rendez coupable de vol, car ces plantes ont eu besoin d’eau, d’engrais, de désherbants, de travail de la terre. Ces plantes ne sont pas sauvages, vous volez une partie de la récolte. Pire : si chaque personne passant sur le chemin prend un brin en pensant que cela n’aura pas d’influence, ce sont de véritables “trous de termites” que l’on observe dans les cultures en fin de saison, allant jusqu’à amputer une grande part de la récolte. C’est particulièrement vrai sur les cultures “à touristes” (lavande, blés…) et c’est un manque à gagner considérable pour un pays où l’agriculture est difficile, et où il n’y a pas beaucoup de grandes exploitations (terres calcaires, climat chaud et sec, quantité d’eau limitée en été).

  • Si vous cueillez une plante sauvage, mais dont la cueillette est interdite, vous êtes même potentiellement redevable d’une forte amende, on ne plaisante pas avec les espèces protégées.

Le code civil indique précisément que les chemins privés, quels qu’ils soient (forestiers ou non) sont sous la responsabilité et la jouissance exclusive du propriétaire du terrain, qui a le droit de le clôturer pour en matérialiser l’interdiction d’accès.

Lorsque cela n’est indiqué nulle part, considérez que le bois ou la prairie que vous traversez est une propriété privée. Vous ne voulez pas que quelqu’un entre dans votre jardin ou sur votre balcon cueillir vos fleurs ? Alors ne rentrez pas dans les chemins agricoles pour “faire des balades”, il y a tellement de lieux ouverts, de forêts communales, et de sentiers aménagés dans lesquels on peut faire des balades avec l’accord du propriétaire, que vous n’avez pas besoin de venir nous emmerder.

Consultez les offices de tourisme, et ne jouez pas à la petite maison dans la prairie.